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La Colline aux Coquelicots Réalisé par Goro Miyazaki. Synopsis : Dans un Japon des années 60, entre tradition et modernité, à l’aube d’une nouvelle ère, Umi et Shun vont se découvrir et partager une émouvante histoire d’amitié et d’amour. |
Un Ghibli, c’est toujours attendu. Peut-être un peu moins lorsqu’il s’agit de la nouvelle réalisation de Goro Miyazaki, fils de Hayao. On se souvient du demi-succès de son dernier long-métrage Les Contes de Terremer qui a beaucoup plus divisé les avis que les œuvres de son père. Mais allez, on s’arme de courage et mince, un nouveau Ghibli au cinéma, ne boudons pas notre plaisir. De plus, le contexte est tout autre. Si pour le premier film, Goro n’avait pas eu l’approbation de son père, il a fini par l’avoir pour celui-là et les deux s’entendent bien de nouveau.

Est-ce que le film, qui commence par nous raconter que l’héroïne se lève tous les matins pour hisser les couleurs de son père disparu en mer ne serait pas un écho à l’histoire de Goro qui aurait mal vécu les évènements avec papa… je ne sais guère. En tout cas, ça lui a fait du bien puisqu’il faut bien l’avouer, il signe un très beau film. Visuellement magnifique, Ghibli nous habitue toujours à nous enchanter de ce côté-là, l’histoire entre Umi et Shun l’est tout autant. Leur relation nous est apportée de manière très légère et innocente, ce qui n’est pas un moindre mal tant une révélation en milieu de film pourrait quelque peu déconcerter le spectateur, et même si cela manque parfois d’un peu de subtilité, il faut avouer que l’innocence et le « hasard »fait que cela passe plutôt bien.
Le film nous offre de très belles compositions musicales, tant instrumentales que chantées. Le problème réside dans le fait qu’elles ne soient pas toujours très bien intégrées et surplombent peut-être un peu trop l’action et parfois même les dialogues mais rarement. Le rythme accordé à l’histoire peu également sembler parfois décousu, tantôt trop rapide, tantôt trop lent, mais rien de bien inquiétant au final.

Enfin, j’aimerais déclarer mon amour à un lieu de ce film, le Quartier Latin. Décor absolument hallucinant d’originalité, il offre un charme sans égal au film puisqu’il est l’une des pièces maîtresses du scénario, peut-on même dire, un personnage à part entière. Quasi omniprésent, c’est lui qui fera la rencontre et l’évolution de la relation entre Umi et Shun. Le Quartier Latin est un lieu magique, des escaliers dans tous les sens, des centaines de clubs différents se partagent la bâtisse pour leurs différents projets, on y trouve de tout si on cherche bien pour peu que l’on n’ait pas peur de la poussière ou de recevoir des piles de livres dans la tronche. Une maison d’étudiants de rêve, les élèves qui la composent d’ailleurs sont absolument fascinants et uniques.
Goro n’atteint donc pas encore avec ce film la maîtrise de son père et pour sa deuxième réalisation, ce n’est pas ce qu’on attend de lui. Il a encore beaucoup de chemin à faire mais il a derrière lui une équipe au talent irréprochable qui saura le guider et qui le fait sûrement déjà, force d’un savoir-faire propre au studio Ghibli.

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