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Hugo Cabret Réalisé par Martin Scorsese. Synopsis : Dans le Paris des années 30, le jeune Hugo est un orphelin de douze ans qui vit dans une gare. Son passé est un mystère et son destin une énigme. De son père, il ne lui reste qu’un étrange automate dont il cherche la clé - en forme de cœur - qui pourrait le faire fonctionner. |
Il y a de ces films qui réussissent à vous transporter. Comble pour Hugo Cabret qui se déroule principalement dans une gare, transition entre deux unités de lieu, celle que l’on quitte, celle que l’on va rejoindre. La gare, lieu de passage de milliers d’inconnus mais surtout, lieu de rencontres inopinées par excellence. Et dans un premier temps, nous faisons connaissance avec un petit garçon, un orphelin étonnant, Hugo Cabret.

Le film est lancé dans une introduction magnifique à l’image sublime qui nous montre un Paris des années 30, complètement enneigé, en vue aérienne et ce jusqu’à la gare et au regard d’Hugo qui, caché dans les murs, espionne les passagers les plus récurrents de ce lieu en perpétuel mouvement. Les employés et clients habituels des boutiques de la gare et surtout l’inspecteur qu’il faut absolument éviter pour ne pas terminer à l’orphelinat. Chacune des mini-histoires parallèles qui se déroule dans la gare sont touchantes, indispensables au rythme du récit, elles ne gâchent en rien la trame principale puisqu’elles s’inscrivent dans une certaine complémentarité sans pour autant prendre le dessus et offrent beaucoup de touches humoristiques. Humour qui se dégage principalement de l’inspecteur, interprété par Sacha Baron Cohen (Borat, Bruno, Sweeney Todd) qui est la force comique indéniable sous ses airs de menace bancale et qui nous parait du coup un tantinet sympathique.
Le reste du casting n’est pas à mettre de côté, nous retrouverons avec plaisir de plus ou moins grands noms du cinéma qui ont fait leurs preuves, Jude Law, Richard Griffiths, Frances de la Tour, Emily Mortimer et Christopher Lee soulignent de leur présence les personnages principaux. Georges Méliès campé par un Ben Kingsley au meilleur de sa forme, personnage ambigu au caractère très changeant, rempli de troubles venus d’on ne sait où. Isabelle, la nièce des Méliès qui est campée par l’espiègle Chloë Moretz, dont beaucoup se rappellent de l’excellente prestation de Hit-Girl dans Kick-Ass et surtout, le personnage principal avec qui nous partageons cette aventure, Hugo Cabret sous les traits d’Asa Butterfield, tout jeune acteur au talent débordant et qui nous fait, sans l’ombre d’un doute, adorer le petit Hugo.

On pourrait croire que le film va nous faire découvrir une aventure à la « Narnia » mais c’est bien plus que cela dont il s’agit. Loin, très loin de l’univers de l’héroïc-fantasy, ce film parle plus à notre imaginaire, et cette capacité si candide de se créer des mondes et des aventures à l’aide de quelques outils, quelques inspirations extérieures. Tout cela, grâce à de simples jouets mécaniques, à des tours de prestidigitation ou à la magie du cinématographe. Le tout sublimé par des plans d’une rare beauté, vous en prendrez plein les mirettes.
Hugo Cabret est un film, tout public, donc à destination des enfants mais qui, contrairement à beaucoup trop de films qui leurs sont destinés, ne les prend pas pour des cons. Et cela passe par un film d’une très grande qualité narrative, aux dialogues intelligents et un chouilla historique en plus. Sûrement le meilleur choix pour aller voir « le film de Noël » en famille, Disney étant grand absent cette année et Le Chat Potté de DreamWorks étant réellement très mauvais…
Tout laissait penser que ce nouveau long métrage signé Scorsese serait une aventure enfantine autour d’un mystère robotique. Une histoire de famille, d’amis et de Paris dans les années 30 avec son charme inégalable. Il n’en est rien. Hugo Cabret, premier film en 3D du réalisateur nous mitige et nous allons voir pourquoi.

Si le charme est bien là, on regrette le manque de profondeur du film (sans mauvais jeu de mot). Hugo (brillamment interprété) est sans doute le seul personnage qui nous intéresse avec Méliès (Ben Kingsley). Les autres n’évoluent pas et restent identiques tout au long du film. On a donc pas beaucoup de suspens quant au destin des personnages, tout est mâché d’avance et les acteurs finissent par offrir un jeu redondant. Mais cela est probablement du au scénario particulièrement creux et long qui finalement n’avance pas beaucoup en deux heures et qui n’offre que peu de suspens.
On patauge. C’est long, vraiment. Et si non seulement le film n’est pas ce qu’il semble être, il n’offre qu’une hypothétique vision du la vie de Georges Méliès. Vision certainement poétique, mais peut-être trop pleine de bons sentiments qui feront se sentir les « amateurs de cinéma » intelligents. Vous savez, ceux qui se vantent d’avoir tout vu. Un fan aime, il ne dévore pas. Alors oui, la reconstitution de son studio est magnifique, oui c’est émouvant, mais après tout, on était venu voir un film d’enfant ! Si le public s’attend à ça, il sera déçu. Malgré tout, il ne faut pas négliger cet éloge au cinéma fait par le maître qui brille dans sa réalisation mêlant 2D et 3D, un peu comme dans Sweeney Todd de Tim Burton. Et cela n’est pas du au hasard puisque le décorateur de ces deux films est le même, Dante Ferretti (primé aux Oscars pour le film de Burton). On voit malgré tout ce côté plastique qui dégage des images de synthèse.
Il ne faudra pas tout enlever à ce film, les familles passeront quand-même probablement un bon moment, à défaut d’aller voir le Disney de N... un autre film de Noël – puisque la souris n’en sort pas cette année-.

Hugo Cabret n’est donc pas du tout à la hauteur de nos espérances, il est même décevant à nos yeux. Le film traine en longueur et n’offre pas au comédien la chance de s’épanouir dans ce qui aurait pu être une magnifique fable de Noël… Si le film ne se veut pas prétentieux, la critique s’amuse à l’être et c’est bien dommage.
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